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Histoire du Valais



Un peu d'histoire

Au temps de la préhistoire

Depuis quand l’homme habite-t-il le Valais ? En dépit de leurs recherches, les préhistoriens ne nous fournissent pas de réponse précise.

Sans exclure la possibilité de découvertes, il ne semble pas que les périodes paléolithique et mésolithique nous livrent des témoignages de nos lointains ancêtres. En réalité, la préhistoire valaisanne commence avec le néolithique. De chasseur, l’homme devient alors sédentaire. Il colonise le pays il domestique quelques animaux, il cultive le blé et l’orge, il se construit des habitations. Entre les différentes localités se nouent des relations commerciales. Les vallées et les cols alpestres servent de lieu de transit aux objets et aux hommes.

Il est toutefois impossible d’estimer l’importance de ces échanges. Les nécropoles mises à jour à Glis, à Granges et à Collombey-Muraz ainsi que les objets isolés découverts dans plus d’une vingtaine de localités ne permettent pas encore de comprendre comment s’est effectué le peuplement du pays. Il convient donc de partager la réserve du savant qui a le plus contribué à la connaissance du Valais de cette époque. "En conclusion, écrit le professeur Marc-R. Sauter, disons encore une fois combien il faut regretter la pauvreté du Valais en vestiges sûrement attribuables au Néolithique. Ce pays recèle certainement encore beaucoup de documents, le long de la vallée rhodanienne, comme sur les hautes pentes qui aboutissent aux Alpes bernoises et aux confins piémontais. Il faudra du temps, de la méthode et de la peine avant qu’on puisse reconstituer les grandes lignes de l’évolution du Néolithique valaisan et comprendre ses rapports avec le Néolithique des régions voisines. "

Vers 1800 av. J.-C., le Valais entre dans l’âge du bronze, quand la vie s’y laisse pénétrer par des courants commerciaux, culturels et militaires venus particulièrement de l’Est européen. Marchands, guerriers et artisans étrangers se mêlent aux populations indigènes; ils leur apportent des connaissances nouvelles. On constate le fait sans pouvoir en expliquer la chronologie jusqu’au VIIème siècle, début de l’âge du fer.

Durant cette période, le Valais, semble-t-il, possède une culture particulière que des préhistoriens allemands désignent du nom de "Walliser Kultur" ou de "Rhonekultur". Les ustensiles domestiques, les armes, les instruments de chasse et les bijoux se comptent par milliers. Ils attestent l’intensité de la vie dans le Valais central ainsi qu’en aval de Saint-Maurice. Les influences orientales, particulièrement hongroises, de certains bijoux autorisent à penser que les relations commerciales s’intensifient alors.

Au Vème siècle av. J.-C., la civilisation gauloise se manifeste dans le Valais. Quelques tribus celtes s’y installent au cours de leurs pérégrinations à travers l’Europe et l’Asie mineure. Ce sont les Uhères dans les districts alémaniques actuels, les Sédunes dans le Valais central, les Véragres dans la région martigneraine et les Nantuates dans la plaine qui s’étend de Saint-Maurice au lac Léman.

Des Romains à la formation de l’Etat valaisan

Grâce au Bellum Gallicum de Jules César, on dispose de quelques renseignements sur les habitudes militaires de ces peuplades, clairsemées sur le territoire des Nantuates, plus populeuses entre Fully et Erschmatt et moins denses dans le pays des Ubères. Pour connaître ces populations constamment vouées à l’agriculture et à l’élevage, il faut recourir aux trouvailles archéologiques et au mobilier funéraire mis à jour plaques de ceinturon, fibules, brassards et "colliers valaisans" dont les caractéristiques permettent de délimiter le territoire de chaque tribu. Les monnaies éparses sur le trajet des routes de transit signalent les voies d’échanges celle du Grand Saint-Bernard, celle du Simplon et celles des Alpes orientales.

Après l’échec de l’expédition de Galba, les troupes romaines reviennent sous Auguste. Pendant quatre siècles, Rome modèle le Valais de son influence civilisatrice. Les populations y sont réunies en une Civitas Vallensium avec Octodure (Martigny) pour chef-lieu. Dans cette ville, tout au moins, l’intensité de la vie culturelle et économique est rendue évidente par le forum, l’amphithéâtre et les quartiers d’habitation récemment découverts. L’importance de la localité s’explique par son emplacement sur la voie de communication entre Rome, l’Helvétie, les Gaules et la Haute-Germanie.

 Les routes favorisent aussi la diffusion des idées. Au cours de plusieurs siècles, des missionnaires substituent dans le Valais le christianisme au paganisme. Paul Aebischer, qui s’est appliqué à en comprendre le développement, conclut en ces termes "Ayant eu son lointain point de départ à Lyon, le christianisme a agi d’abord sur Octodurus et le Bas-Valais; il a monté lentement le Rhône, après avoir peut-être reçu un appui de forces venues d’Italie par le Summus Pœninus; enfin il paraît s’être rencontré, à une époque déjà tardive, à l’est du Deischberg, avec des éléments qui, directement ou indirectement, étaient émanés de cette vieille station missionnaire qu’était Disentis. Le Valais est une quintessence de la Suisse . une terre de rencontres."

Au terme du IVème siècle, l’évêque Théodore, fondateur du siège épiscopal d’Octodure, exhume à Saint-Maurice les ossements des soldats thébains dont l’empereur Maximien a décidé la mort à la fin du IIIème siècle. Il fait construire une basilique en leur honneur; les pèlerins s’y rendent en cohortes sans cesse renouvelées. Soucieux d’entretenir chez les fidèles le souvenir des glorieux martyrs, Saint Eucher, évêque de Lyon, écrit avant 450 sa Passio Acaunensium martyrum.

 A cette époque, Rome se sent menacée. Des hordes de barbares se concentrent sur ses frontières du Rhin et du Danube. Les Burgondes s’installent en alliés entre l’Aar et la Loire; ils y établissent un royaume rhodanique dont le Valais fait partie. Leur roi Sigismond inaugure, le 22 septembre 515, le monastère d’Agaune. L’abbé Ambroise y organise la laus perennis. Moins d’un siècle plus tard, la Burgondie est annexée par la monarchie franque. Mais quand l’arrière-petit-fils de Charlemagne, Charles le Gros est déposé en 887, l’empire carolingien se disloque. Rodolphe, comte d’Auxerre, se fait proclamer roi de la Bourgogne transjurane, en 888, à Saint-Maurice même.

 L’existence du second royaume de Bourgogne est mise en péril par les rivalités de la noblesse. Les rois s’appuient sur l’autorité des prélats afin d’assurer leur propre pouvoir. C’est ainsi qu’en 999, le roi Rodolphe III confère les droits comtaux sur le Valais à l’évêque de Sion, Hugues et à ses successeurs. L’Etat du Valais commence à cette date.

Les guerres contre les seigneurs étrangers

Deux puissances se partagent alors le territoire du Valais l’évêché de Sion et l’abbaye de Saint-Maurice dont les possessions sont formées de territoires disséminés dans la vallée du Rhône. Une troisième, la Savoie, y prend pied quand, à la mort de Rodolphe III, le comte Humbert aux Blanches Mains apporte son concours à l’empereur Conrad II. Son aide lui vaut d’installer son fils Aymon en qualité d’évêque de Sion et de prévôt de Saint-Maurice.

 L’enchevêtrement des seigneuries favorise dès lors les risques de conflits dans le pays; la violence des mœurs y trouve l’occasion de se manifester; les passions partisanes, celle de ne point se contraindre. Les guerres se déroulent d’abord contre les Zaehringen dont les prétentions sont définitivement brisées par l’évêque Landri de Mont, à Ulrichen, en 1211. Elles se poursuivent contre la Maison de Savoie. Celle-ci ambitionne de s’emparer de tout le Valais pour faire pièce aux menaces alémaniques ou milanaises sur la route du Grand Saint-Bernard. Quand l’évêque Henri de Rarogne monte sur le trône épiscopal et s‘allie à Berne afin de protéger les biens de son Eglise, le comte Pierre II de Savoie, surnommé le "Petit Charlemagne", envahit le Valais, à l’improviste. Il s’empare des châteaux de Martigny, du Crest sur Ardon, de Chamoson et de Montorge. Par les traités des 2 juillet et 5 septembre 1260, rendus définitifs en 1262, il oblige l’évêque à reconnaître la Morge de Conthey comme frontière entre la Savoie et le Valais. Son successeur et frère, le comte Philippe, signe avec le même prélat un traité qui restitue à l’évêché ses seigneuries enlevées en aval de la Morge et qui rend à la Savoie ses anciennes terres dans le Haut-Valais. Cette paix dure jusqu’au milieu du XIVème siècle.

Les luttes contre la noblesse indigène

Aux guerres contre les Zaehringen et la Maison de Savoie font suite les luttes contre la noblesse indigène dont les sires de la Tour et de Rarogne sont les plus illustres représentants.

L’évêque Guichard Tavelli, apparenté à la Maison de Savoie et soutenu par elle, voit s’élever contre son autorité le seigneur de Niedergesteln, Pierre de la Tour, qui cherche à se libérer de ses obligations de vassal. Il sollicite donc l’aide d’Amédée VI, dit le Comte Vert. En 1351, le Savoyard intervient. Il attaque Martigny, puis Ardon et Chamoson Après s’être emparé de Sion, il s’établit à Salquenen où il exige la soumission des communes favorables à Pierre de la Tour, au printemps 1352. Mais 12 Haut-Valais se soulève peu après. Le Comte Vert reprend les armes; il pille et incendie la ville de Sion et, le 8 novembre 1352, il impose une paix très sévère aux communes insurgées contre leur prince. Mais la volonté de s’émanciper du pouvoir épiscopal anime toujours les communes haut-valaisannes qui jurent de se secourir mutuellement, le 10 avril 1355. Comme le Comte Vert prête hommage à l’empereur Charles IV, il ne leur reste qu’à conclure la paix avec le comte de Savoie. C’est la paix d’Evian du 11 mars 1361, par laquelle Amédée VI renonce à la charge de capitaine du Valais et à toute immixtion dans les affaires temporelles de l’évêque.

Antoine de la Tour, fils de Pierre, s’insurge à son tour. Tandis qu’il obtient l’appui de la Savoie, l’évêque rallie à sa cause les communes haut-valaisannes. Par la paix de Saint-Maurice, le rebelle se soumet. Cinq ans plus tard, il pénètre cependant dans le château de la Soie où réside l’évêque Guichard; il s’en saisit et le précipite au bas des remparts. Scandalisées par cette barbarie, les communes se placent sous la conduite de Pierre de Rarogne et, en 1375, ruinent définitivement la puissance des sires de la Tour dans le Valais.

La lutte contre la Savoie se poursuit sous le successeur de Guichard Tavelli, Edouard de Savoie. Amédée VII, dit le Comte Rouge, intervient à plusieurs reprises contre les communes qui se sont soulevées à l’instigation de Pierre de Rarogne. En 1384, il détruit partiellement la ville de Sion; en 1387, il s’avance jusqu’à Salquenen avant d’entreprendre des raids contre les possessions des de Rarogne dans le val d’Anniviers et d’incendier le château de Beauregard au-dessus de Niouc. Mais l’année suivante, il se fait battre à Viège. Après sa mort, en 1391, un traité de paix est signé, le 24 novembre 1392. La Morge de Conthey devient la limite entre la Savoie et le Valais.

A la mort de Pierre de Rarogne, son fils Guichard accède à la dignité de grand bailli. Son ambition, son orgueil et ses prétentions mécontentent la population qui se soulève contre la Maison de Rarogne. En 1415, Guichard doit accepter les exigences des Patriotes qui s’assurent une participation au gouvernement. La paix ne dure pas. Le 4 mai 1416, Guichard fait assommer par ses gens d’armes les membres de la diète qu’il a convoqués à Platta. Le peuple, indigné, décide sa séparation d’avec la Maison de Rarogne. Tandis que Guichard s’allie aux Bernois, les dizains, à l’exclusion de Rarogne et de Loèche, refusent toute tentative de conciliation proposée par quelques cantons confédérés. Berne organise donc une expédition militaire contre les Valaisans. Des bandes armées descendent le Sanetsch, s’emparent de Sion le 17 octobre 1418, pillent la cathédrale et le château épiscopal avant d’incendier la ville. Dès le début de l’année suivante, les raids bernois se multiplient; ils préludent à une attaque en tenaille contre les Valaisans. Le contingent qui pénètre par le Sanetsch est refoulé; le gros des troupes bernoises subit une sanglante défaite à Ulrichen, au début du mois d’octobre 1419. La puissance de la Maison de Rarogne est anéantie Guichard et son neveu Guillaume Il acceptent de quitter le Valais.

Grandis par leurs succès, les députés des dizains, appelés les Patriotes, s’efforcent d’étendre leurs droits politiques. Ils obtiennent de participer au gouvernement, d’élire les représentants des dizains à la diète, de choisir leurs châtelains et de concourir à la désignation de certains fonctionnaires épiscopaux. En janvier 1446, ils arrachent même à l’évêque les Articles de Naters qui sont rapportés dès 1451.

L’époque des guerres de Bourgogne

Le 31 août 1446, l’évêque s’assure l’aide de Berne et de la Savoie contre les prétentions des Patriotes. Les trois souverains s’engagent à ne point protéger sur leur territoire un ressortissant des deux autres Etats s’il s’y rendait dans une intention hostile. Or la Savoie accorde son soutien à Rodolphe Asperlin, beau-frère des sires de Rarogne. Des frictions nombreuses enveniment en outre les relations entre Contheysans et Saviésans dans la vallée de la Morge qui délimite le Valais savoyard et le Valais épiscopal.

 Yolande, duchesse de Savoie, obtient l’appui de Genève, de la Bourgogne et de Milan. L’évêque Walter Supersaxo se rapproche de Berne et des cantons suisses. Quand Berne entreprend la conquête du Pays de Vaud, en 1475, les troupes de l’évêque marchent contre la garnison ducale dans le bourg de Conthey. L’armée savoyarde s’avance sur Sion le 13 novembre. La ville est presque prise quand les Haut-Valaisans accourent à son secours. Mais ceux-ci sont près de succomber sous le nombre de leurs adversaires lorsque trois mille Confédérés environ, qui ont franchi le Sanetsch, font pencher la victoire du côté des Valaisans. L’ennemi s’enfuit. Les vainqueurs les poursuivent jusqu’à Saint-Maurice. Sur leur passage, ils brûlent les châteaux de Conthey, de Saillon, de Saxon et de Saint-Maurice; ils saccagent ceux de Sembrancher et de Bourg-Saint-Pierre; ils dévastent celui de la Bâtiaz, à Martigny.

La guerre recommence l’année suivante. Une nouvelle fois, elle tourne au désavantage de la Savoie. Le 31 décembre 1476, l’évêque et les députés de la diète proclament que tout le pays conquis jusqu’au défilé de SaintMaurice est incorporé au domaine épiscopal et au territoire des Sept Dizains. La Savoie ne reconnaît juridiquement cet état de fait qu’en 1528. Pour longtemps, désormais, le Valais se trouve dégagé de toute domination étrangère.

L’époque des guerres d’Italie

Durant les guerres de Bourgogne, le duc de Milan s’était prononcé en faveur de Charles le Téméraire. Il en résulte une période de tensions entre Milan et le Valais. Celle-ci s’aggrave dès l’accession de Josse de Silenen au trône épiscopal en 1482. Des accrochages opposent même les populations paysannes dans les régions frontalières du val de Gondo. Aussi le Valais renouvelle t'il son traité d’alliance avec les Waldstaetten, le 10 août 1484, avant que les troupes de l’évêque franchissent le Simplon en dépit de l’opposition de quatre dizains. Elles s’emparent du pont de Crevola. Mais l’intervention des Confédérés, gagnés par l’or milanais, entraîne une suspension des hostilités et le repli des Valaisans. Par deux fois, Josse de Silenen tente de s’emparer de l’Ossola. Finalement, au mois de janvier 1495, les belligérants signent la paix de Milan.

La politique francophile de Josse de Silenen mécontente les Confédérés et les Valaisans. Georges Supersaxo s’oppose à l’évêque qui le cite en justice pour haute trahison. Le peuple se déchaîne contre son prince et le force à se démettre de sa charge. Le 20 avril 1496, la diète lui donne un successeur en la personne de Nicolas Schiner. Grâce à l’habileté diplomatique du jeune Mathieu Schiner, la papauté valide les mesures imposées par la diète.

Trois ans plus tard, Nicolas Schiner résigne ses fonctions. Mathieu Schiner reçoit la mitre et la crosse. Il s’affiche adversaire déterminé de la France; il soutient avec passion les efforts de la papauté contre les Français en Italie. Jules II reconnaît ses mérites et le crée cardinal, le 7 mars 1511.

Sous l’impulsion de Schiner et grâce au concours des Vénitiens, les Confédérés chassent les Français hors de l’Italie, au mois de mai 1512. Ils occupent le Milanais; ils s‘emparent à nouveau de leurs possessions italiennes qu’ils avaient perdues à la suite de la bataille d’Arbedo, le 30 juin 1422. De leur côté, les Grisons envahissent Bormio, Chiavenna et la Valteline. Le 29 septembre et le 3 octobre, ils signent avec Maximilien Sforza un traité et une alliance qui les font protecteurs de l’Etat milanais. Le 6 juin 1513, les Suisses remportent l’une de leurs plus illustres victoires, celle de Novare. Mais la fortune des armes ne tarde pas à changer de camp.

Traqué par la haine de Mathieu Schiner, déclaré ennemi de la patrie par la diète, poursuivi à Neuchâtel et à Fribourg avant d’être incarcéré au château Saint-Ange, à Rome, en 1513, Georges Supersaxo n’attend que l’heure de la vengeance. Elle sonne à Marignan, les 13 et 14 septembre 1515. Là, au terme d’un combat si disputé que François 1er écrit à sa mère Louise de Savoie "... depuis deux mille ans on n‘avait vu une si fière, ni si cruelle bataille", la puissance des Suisses s’effondre en même temps que celle de Mathieu Schiner. A son tour, il endure le bannissement tandis que les Valaisans ploient sous la puissance tyrannique de Georges Supersaxo. Mais, en 1529, celui-ci s’enfuit à Vevey pour échapper à la vindicte populaire.

Les divisions confessionnelles

La longue rivalité qui oppose les partisans de Schiner à ceux de Supersaxo, la volonté de puissance temporelle affichée par l’épiscopat, l’indignité trop commune du clergé, l’ignorance des fidèles pour les questions religieuses forment un ensemble de causes favorables au développement du protestantisme. Dès 1526, le pape Clément VII ordonne au chapitre de Sion "de procéder sommairement contre les gens adonnes aux pratiques superstitieuses, les luthériens, les hérétiques, les fauteurs et les sectateurs de l’hérésie et de les punir". Le Valais demeure pourtant attaché à sa foi. En 1529, il signe une alliance perpétuelle avec les cantons catholiques. Il participe à leurs côtés aux guerres de Kappel. Pendant ce temps, Berne favorise l’implantation de la Réforme dans le mandement d’Aigle.

En 1536, les Bernois envahissent le Pays de Vaud et, depuis Genève, marchent contre le Chablais. Sollicités d’intervenir, les Valaisans se portent jusqu’à Thonon sans rencontrer de résistance. Ils établissent des gouverneurs à Monthey et à Evian.

La position du catholicisme s’affaiblit depuis lors jusqu’à la fin du XVIème siècle. Les évêques Jean Jordan et Hildebrand de Riedmatten se montrent incapables de résister à la propagation du protestantisme. En 1551, la diète proclame la tolérance religieuse, respectée durant une vingtaine d’années. Il arrive que les dizains assemblés décrètent le bannissement des apostats et l’interdiction d’envoyer les jeunes Valaisans dans les villes protestantes afin d’y poursuivre leurs études. Mais ces mesures demeurent lettre morte. Hildebrand de Riedmatten, inhabile déjà à diriger le clergé, parvient encore moins à obtenir l’obéissance des fidèles. Le pape Clément VIII, en 1592, le presse de réagir "La première et la plus grande préoccupation d’un évêque, lui écrit-il, doit être de conserver et défendre la religion catholique sans laquelle c’en est lait du salut des âmes." Le vieil évêque proteste mais n’agit pas. La haute magistrature du pays, des membres influents de la diète accordent leur faveur à la Réforme. Plus encore, le bailli Jossen Gilles fait afficher sur le mur de la cathédrale l’écriteau révélateur de son espérance "Hildebrand de Riedmatten, dernier évêque de Sion." Quelques mois plus tard, en novembre 1603, Adrien de Riedmatten est investi de la charge de vicaire général. Au mois de décembre 1604, à la mort de son oncle, il accède à la dignité épiscopale.

Depuis deux ans déjà, des efforts d’évangélisation catholique se poursuivent sur le territoire valaisan. Sous l’impulsion du pape Clément VIII, deux capucins savoyards sont dépêchés dans le Bas-Valais tandis que le Haut-Valais en reçoit deux autres venus de Lucerne. En 1607, les missionnaires prêchent à Sion. Le clergé lucernois les épaule grâce au concours de ses prêtres. En 1607 encore, les jésuites ouvrent une école à Venthône et à Ernen. C’est alors que les partisans du protestantisme pensent assurer leur victoire en abaissant la puissance politique de l’évêque.

Les dizains contre le pouvoir temporel de l’évêque

A la mort d’Adrien II de Riedmatten, en 1613, les Patriotes obtiennent du chapitre la renonciation à la Caroline, c’est-à-dire à la prétendue donation du Valais à saint Théodule par l’empereur Charlemagne. Hildebrand Jost la signe dès son élection à l’évêché. Les manifestations d’indépendance des Patriotes se multiplient. En 1618, la diète renouvelle l’alliance avec Berne, puis avec les Grisons, sans le consentement de l’évêque. Les jésuites sont expulsés en 1627. Antoine Stockalper, fidèle partisan de l’évêque, est condamné à mort, au mois de novembre de la même année. Hildebrand Jost est gardé à vue; il est dépouillé de toutes ses prérogatives politiques. Craignant pour sa vie, il accepte de s’établir à Lucerne auprès du nonce. Il se rend ensuite à Rome pour y plaider sa cause avant de regagner son diocèse en 1630. A son retour, il est arrêté et incarcéré au manoir d’Etiez. Il ne revoit sa capitale que vers la mi-novembre. Trois ans plus tard, le 9 janvier 1634, l’évêque et le chapitre renoncent définitivement à la Caroline. Le 22 décembre 1637, le chapitre confirme cette décision.

Durant tout le XVIIème siècle, l’évêque et le chapitre ne montrent pourtant guère d’empressement à observer les dispositions imposées en 1613 par les Patriotes lors de l’élection de l’évêque Hildebrand Jost. Ceux-ci tiennent fermement à leurs droits acquis; l’évêque n’attend que l’occasion favorable de recouvrer son ancienne souveraineté. Les dernières manifestations de ces oppositions se déroulent à la suite de l’élection de Jean-Joseph Blatter à l’épiscopat, en 1734.

Quand souffle un vent nouveau

Pendant un demi-siècle, le Valais vit dans une tranquillité politique presque totale. A peine la "guerre du vin rouge", en 1755, apporte-t-elle une touche de bellicisme. Les horizons des Valaisans ne dépassent guère les limites de leurs dizains et celles de leurs territoires sujets.

L’époque, pourtant, est à l’effervescence. Les revendications les plus diverses surgissent dans les Pays suisses. Elles vont néanmoins toutes dans le sens d’une exigence de droits plus étendus pour les populations. Après la conjuration Henzi, l’insurrection de la Léventine et l’affaire Gaudot, l’agitation se transforme en révolution. Nicolas Chenaux va jusqu’à promettre à ses partisans l’abolition des dettes, l’établissement d’une loi agraire et, aux fermiers, la libre possession des terres qu’ils tiennent à bail. La révolution genevoise du 8 avril 1782 se propose d’accorder une participation aux droits politiques et une entière liberté industrielle et commerciale à la classe désavantagée des natifs. On s’élève partout contre l’égoïsme des gouvernements aristocratiques. On n’imagine d’avenir heureux que dans la liberté des individus et dans l’égalité des hommes.

Les Valaisans d’expression française se laissent à leur tour imprégner par ces idées dont le siècle des lumières est l’apôtre. Un des leurs, le notaire montheysan Gabriel Guerraty, exprime les raisons du mécontentement de ses compatriotes bas-valaisans.

"Dans ce pays aussi, une partie d’un peuple faisait sentir le poids de la domination sur l’autre. Un peuple libre voulait avoir des sujets et exercer sa domination sur des inférieurs à l’instar d’orgueilleux monarques qui croient que les hommes existent pour les servir, et qui croient que ces derniers sont leur patrimoine. Les Haut-Valaisans, infatués de l’idée que leur domination sur le Bas-Valais était de droit divin et devait être éternelle, agissaient comme si la puissance souveraine qu’ils exerçaient sur le Bas-Valais ne leur imposait aucun devoir, qu’ils pouvaient tout oser; les gouverneurs ou baillis, qu’ils envoyaient pour régir le Bas-Valais et qui avaient carte blanche, croyaient que tout leur était permis arbitraire, concussions, vénalités, prohibitions qu’il était permis d’enfreindre moyennant payement d’une finance; il fallait acheter la permission de s’affranchir de ces odieuses prohibitions qui n’avaient point d’autre but que d’extorquer par-là des impôts indirects et arbitraires, et si l’on venait à les enfreindre, les gouverneurs exigeaient des amendes à la rigueur. Ces prohibitions étaient nuisibles au commerce et y mettaient des entraves. Il fallait sans cesse faire des représentations au gouvernement pour les faire abroger, et il fallait toujours de l’argent pour en obtenir l’abolition. Le caprice, l’intérêt sordide, le but d’opprimer faisaient établir ces prohibitions qui produisaient, ou des amendes en cas de contravention, ou une finance pour accorder le droit de les enfreindre. Ces prohibitions étant levées, on en établissait d’autres ayant le même résultat tantôt, c’était une défense d’exporter le beurre et le fromage, tantôt le bétail, tantôt les grains, ce qui cependant était la ressource pour importer du numéraire. C’était des députations sans fin envoyées dans le Haut-Valais, et pour se présenter devant les hauts magistrats souverains seigneurs, il ne fallait pas avoir les mains vides. "

Les populations sujettes de la république des Sept Dizains entendent secouer le joug qui les oppresse. Les symptômes de mécontentement se multiplient à un tel point que la diète de mai 1790 discute des mesures à prendre pour mettre un terme à l’oppression que les hauts fonctionnaires exercent sur les sujets du Bas-Valais. Les propos que l’on colporte au sujet de la liberté française trouvent un écho favorable dans les territoires occidentaux du Valais. Les exaltés n’y rêvent que de révolution. Les notables de Saint-Maurice et de Monthey n’aspirent par contre qu’à recouvrer pour eux les avantages politiques et économiques dont ils sont frustrés depuis longtemps.

L’imagination populaire, qui a besoin de héros pour entretenir sa flamme, trouve un champion de la liberté dans la personne de Pierre-Maurice Rey-Bellet, surnommé le "Gros-Bellet". Ne s’est-il pas opposé ouvertement au gouverneur le plus arrogant qui fût, Hildebrand Schiner, le 8 septembre 1790 ? Ne l’a-t-il pas forcé à chercher refuge auprès du bailli bernois de résidence à Aigle ? L’année suivante, la conjuration des Crochets dont les projets sont surtout criminels ajoute un élément supplémentaire de troubles dans les territoires du Bas-Valais. Dans le Haut-Valais lui-même, les scènes d’agitation ne manquent point. Aussi, en diète de décembre 1792, l’évêque demande-t-il l’appui de l’Etat pour rétablir l’ordre public.

Dès que Michel Mangourit s’installe à Saint-Maurice durant les premiers jours du mois de janvier 1798, en qualité de résident de France, l’effervescence politique se poursuit de plus belle. Le 28 janvier, on plante un arbre de liberté dans la ville de Saint-Maurice; le lendemain, les mandataires des communes bas-valaisannes déclarent leur pays indépendant. A l’invitation du résident, l’Assemblée générale du Bas-Valais nomme une commission de trois membres pour élaborer un projet de constitution. Elle le lui remet le 24 février. Mangourit, insatisfait, dirige la rédaction d’un second projet qui fonde la démocratie représentative et qui doit assurer d’importants avantages économiques au Valais. La diète l’accepte le 13 mars. Cette décision se révèle inutile, car déjà l’autorité française en dispose autrement. Elle ne veut plus d’un Valais indépendant. Les Valaisans n’ont qu’à se soumettre.

En 1815, le canton du Valais entre dans la Confédération Suisse

Source : Aperçu de l'histoire du Valais, tiré de la préface du livre de Michel Salamin, Le Valais de 1798 à 1940, Edition du Manoir Sierre


Histoire des principales citées de la châtellenie de Saint-Maurice - Monthey

Histoire de Monthey

Monthey, chatellenie de Savoie (12..-1536)

Dès le XIIème siècle, le nom de "Montheil" apparaît dans les chartes. Ce nom serait dérivé du mont sur lequel fut bâti le " Château-Vieux " ou "Château de la Motte" et autour duquel le bourg fut construit. Cet édifice fortifié fut certainement construit vers 950 après J.-C. lors des invasions des Sarrassins et des Hongrois.

Monthey faisait alors partie du " Vieux Chablais " composé des terres situées entre la Croix d'Ottans au-dessous de Martigny, jusqu'à la Dranse de Savoie, près d'Evian, et l'embouchure de la Veveyse sur la rive droite du Léman. Dès le début du XIème siècle, cette région formait un comté du Deuxième Royaume de Bourgogne. Au XIIIème siècle, les comtes de Savoie acquirent des droits dans le Vieux-Chablais, notamment dans la chatellenie de Monthey, par des mariages et des alliances. Ainsi, le bourg appartint dès lors à divers membres ou alliés de la Maison de Savoie. Un chatelain, qui concentrait tous les pouvoirs locaux (exécutif, législatif et judiciaire) gouvernait la chatellenie (ou mandement). Pour l'assister, il y avait encore un major, qui percevait les impots, exerçait la basse justice (affaires de peu d'importance), ainsi qu'un vidomne avec des charges administratives et de police, qui habitait le château moderne.

A la suite des franchises accordées surtout en 1352 par le comte "Vert" Amédée VI, la communauté obtint le droit d'élire des syndics et des procureurs, qui partageaient avec le chatelain l'administration des affaires publiques. A cette date, la bourgeoisie fit son apparition. Le bourg comptait à l'époque entre 500 et 600 habitants. Durant la première moitié du XIVe siècle, l'artisanat était déjà bien développé. Six moulins, des foulons, des martinets, des tanneries, des teintureries, des soieries, ainsi que d'autres établissements tiraient l'énergie de la Vièze par des moteurs hydrauliques, comme le fera toujours l'industrie montheysanne au XIXème siècle, en utilisant l'eau des Meunières.

Monthey, chatellenie du Valais (1536-1798)

Profitant des embarras du duc de Savoie, Charles-Emmanuel, en guerre contre la France, les troupes bernoise envahissent le pays de Vaud. Pour ne pas ètre envahis à leur tour par les protestants, les populations du baillage du Chablais demandèrent l'aide du Valais. Les sept dizains, qui craignaient qu'une invasion de Berne dans le Chablais n'enclavât le Valais dans ses montagnes, occupèrent le Chablais, en 1536, jusqu'à la Dranse de Thonon.

Trente ans plus tard, au Traité de Thonon, le Valais pu conserver le Chablais jusqu'à St-Gingolph, en contrepartie des frais occasionnés par l'expédition de 1536 et acquit ainsi ses dimensions actuelles. Progressivement, les sept dizains rachetèrent alors les divers droits (chatellenie, vidomnat, majorie) aux petits seigneurs locaux, placèrent à leur place des représentants hauts-valaisans, mais garantirent les franchises accordées par les ducs de Savoie. Le Chablais n'avait donc que changé de maître, remplacé le duc de Savoie par l'évêque de Sion. Sous l'administration de nombreux gouverneurs, la présence haut-valaisanne devint une véritable occupation. La charge de gouverneur était confiée au plus offrant, à celui qui payait la plus forte somme d'argent. Ainsi, la première préoccupation de certains de ces personnages était de rentrer dans leurs fonds. On comprend alors aisément que ce poste était très recherché par ceux qui voulaient rapidement faire fortune. Régulièrement, les habitants se plaignaient des abus de pouvoir, ceci sans effet, chacun des sept dizains nommant successivement le gouverneur et ne voulant pas jouir de moins de privilèges que celui qui l'avait précédé. Après diverses insurrections, dont l'Affaire du Gros Bellet et la Conjuration des Crochets les sept dizains promirent de corriger les injustices les plus manifestes. En fait, ils se contentèrent d'occuper notre région et d'exécuter certains conjurés. La situation devenait de plus en plus intolérable. Ainsi, les gouverneurs hauts-valaisans ne parlaient pas la mème langue que leurs administrés, n'avaient pas les mêmes mœurs et les mêmes habitudes. La population dut payer de nouveaux impôts, soi-disant pour les frais d'entretien des bâtiments publics. Les amendes payées et les confiscations tombaient dans la poche du gouverneur et notamment d' Hildebrand Schiner (1790-1791), la loi n'était plus respectée, si bien que certains habitants durent payer deux fois la même amende à quelques temps d'intervalle. Par des monopoles, quelques patriotes huppés entravaient la liberté de commerce à leur profit, en contradiction avec les garanties des chartes. Les amendes étaient illégalement élevées, si bien que le peuple ne pouvait souvent pas les honorer. Ainsi, de nombreuses terres et bâtiments furent confisqués et devinrent propriété des gouverneurs et des juges. L'Etat se préoccupait peu de ces difficultés, se contentant de sermonner les gouverneurs les plus abjects. Le Gouvernement croyait avoir maté l'esprit révolutionnaire de 1790-1791, mais le feu des passions politiques couvait toujours, alimenté par des injustices de plus en plus criantes.

Monthey et la Révolution (1790-1815)

Le 31 janvier 1798, un comité de révolutionnaires plante sur la place un arbre de la liberté. Sous la pression du Directoire français, qui envahit les cantons confédérés, le Haut-Valais accorde l'indépendance au Bas-Valais et ils forment alors un état de dix dizains, qui adhère à la République helvétique. En mai 1798 et mai 1799, par deux fois, le Haut-Valais se soulève contre la République helvétique car les garanties accordées n'ont pas été respectées.

Les troupes françaises, appuyées par des contingents réquisitionnés du Bas envahissent le Haut, qui sera sévèrement réprimé et pillé. Une récolte de fonds sera organisée dans le Bas-Valais et dans la Confédération, pour venir en aide aux habitants. Les ennuis ne sont pas terminés. Le Valais avait à l'époque une grande importance stratégique pour la France. C'était un passage obligé pour intervenir militairement en Italie contre l'Autriche. C'est pourquoi Napoléon voulut annexer le Valais en 1801. Devant le refus des autorités, L'Ogre de Corse fit occuper le Valais par le général Turreau, qui mit le pays au pillage, destitua les autorités légitimes, et obligea les dizains à nourrir, loger et entretenir les troupes d'occupation. De part sa situation géographique proche de l'empire, le Chablais eut à souffrir plus que les autres dizains de ces abus. Malgré les conditions terribles imposées à la population, le Valais ne céda pas. Pour l'isoler de la République helvétique, Bonaparte le proclama indépendant en 1802, sous le nom de République rhodanique. En 1810, le Valais occupé est annexé à la France et devient le Département du Simplon.

Le Valais rentre dans la Confédération (1815-…)

A la chute de l'empire, en 1815, il adhère à la Confédération helvétique. Les députés rédigent une nouvelle constitution cantonale que les Bas-Valaisans estiment inéquitable. Les partisans de l'Ancien et du Nouveau Régime s'affrontent par deux fois, lors de la Guerre du Fromage en 1839 et du Combat du Trient en 1844. En 1848, après la guerre du Sonderbund et la défaite des conservateurs, une nouvelle constitution est votée, qui forme la Suisse moderne que nous connaissons aujourd'hui. De confédération d'états, elle est devenue un état fédératif. Depuis la fin de l'empire, la société se transforme sous l'influence des progrès techniques. Monthey, gros bourg essentiellement agricole, voit se développer l'industrie. En 1821, c'est la fondation de la Verrerie, suivie notamment de moulins, de scieries, d'un battoir à chanvre, de deux tanneries, d'ateliers de mécanique, d'une brasserie, d'une teinturerie, d'une manufacture de tabacs, de fabriques de chocolat, de sucre, de pendules, d'armes, de verres de montres, et de cinq à six carrières de granit. Faute d'un outillage suffisant, et faute d'avoir su s'adapter, la plupart de ces industries ont disparu. Seules deux entreprises se sont considérablement étendues, Giovanola et la fabrique chimique (Ciba, Novartis). D'environ 2700 habitants à la fin du XIXème siècle, la population est passée à environ 14 000 habitants à la fin du XXème siècle. Le Monthey d'autrefois n'est plus celui d'aujourd'hui. Le centre-ville, regroupant la majorité des habitants, fut complètement débordé dès les années soixante. Ainsi, les quartiers d'habitation atteignent actuellement Collombey, le pont ferroviaire sur la Vièze, les Ilettes et les Giettes.

La bourgeoise de Monthey

On considère que la bourgeoisie de Monthey est née en 1352, année de l'octroi des franchises aux bourgeois de Monthey par le Comte Amédée VI de Savoie. L'histoire de la bourgeoisie se confond ensuite avec celle de la commune jusqu'à l'introduction de la nouvelle constitution fédérale en 1848. Cette constitution, qui correspond à la fondation de la suisse moderne, proclame, notamment, l'égalité des droits politiques de tous les citoyens. La gestion des communes n'est donc plus réservée uniquement aux bourgeois. Depuis cet avènement de la commune politique, la bourgeoisie suivra son propre chemin, mais elle conserve cependant tous les biens communaux.

Depuis le début du XXème siècle, on assiste à un long déclin financier de la bourgeoisie. Enfin, en 1936, au bord de la faillite, la bourgeoisie de Monthey est contrainte de vendre tous ses biens à la commune, notamment toutes ses forêts, à l'exception du vallon de they, enclave montheysanne, situé près de Morgins, qui résulte du démantèlement de la Châtellenie de Monthey en 1798.

Ce domaine bourgeoisial, composé de plus de 5 millions de m2 de pâturages, forêts et terres incultes, est voué principalement à l'agriculture de montagne. Cinq alpages constituent le territoire, soit They-neuf, Vieux-They, Sassex, Tovassière et Dronnaire.

Très apprécié par les randonneurs, le vallon de They connaît depuis quelques années un essor touristique important. Un sentier pédestre bucolique, agrémenté de nombreux ponts de bois, a été construit le long de la Vièze, ceci en collaboration avec la bourgeoisie de Troistorrents. En hiver, le chalet de Vieux-They, rénové en 1992, accueille, grâce à sa buvette, de nombreux fondeurs et promeneurs.

Il est recensé actuellement, 1327 bourgeois résidents à Monthey. Jamais, le nombre de bourgeois n'a été aussi important dans la commune politique. mais, il faut dire qu'on assiste, depuis quelques années, à un regain d'intérêt pour les bourgeoisies en valais.

L'octroi du droit de cité étant le seul acte politique que les bourgeoisies valaisannes ont pu conserver, il faut relever que la Bourgeoisie de Monthey est l'une de celles qui reçoit le plus grand nombre de demandes de ressortissants étrangers.

Histoire de Troistorrents

Il y a quelques milliers d’année, Troistorrents comme toute la région était habité par une peuplade très clairsemée d’origine ligure (de Ligurie, région autours de Gêne en Italie). Cette population primitive était constituée de chasseurs nomades qui s’adonnaient plus à la cueillette qu’a une agriculture proprement dite.

Puis environ mille ans avant Jésus-Christ, un nouveau peuple, les Celtes, venu du nord-est envahit la région et s’y établit. Les nouveaux venus beaucoup plus évolués et plus nombreux que les précédents, colonisèrent tout le pays, de la plaine jusqu’aux alpages.

Dans la vallée d’Illiez une tribu celte s’installa : les Nantuates, du mot celte " nantu " signifiant à la fois torrent et vallée. Nantuate voulait donc dire homme de la vallée ou homme des torrents. Ils nous ont d’ailleurs légué un grand nombre de noms de lieu d’origine celtique. Ces Nantuates étaient une tribu apparentée aux Helvètes et aux Gaulois ;.

ils furent les maîtres de la vallée pendant environ 1 millénaire. Puis au premier siècle avant Jésus-Christ, les armées romaines conduites par Jules César, envahirent le pays, suivies par des colons romains qui s’établirent à Troistorrents.

Contrairement à l’opinion généralement répandue, l’origine du nom ne vient pas de 3 torrents, la commune en possède bien d’avantage, mais des romains. Sans doute impressionnés par les gorges de la Tine qu’il fallait traverser pour arriver  à Troistorrents, ils nommèrent ce lieu Trans Torrentium, c’est à dire au-delà du torrent. Après plusieurs transformations successives, ce nom devint Troistorrents. En l’an 534 après J. C. la vallée, comme le reste de la Suisse romande, fut envahit par les Burgondes, une tribu germanique qui se mêla à la population autochtone. Ils fondèrent les bourgeoisies. Vers 930 environ, les Sarrasins, un peuple oriental faisant partie de l’armée de l’empire Arabe, tentèrent d’envahir la région, où plusieurs batailles épiques eurent lieu. Certains s’y établirent

Du 14e au 18e siècles, la peste sévit dans la Vallée en plusieurs vagues successives comme dans toute l'Europe, on évalue le nombre de ceux qui y succombère au deux tiers de la population. Après avoir fait partie de l’empire carolingien, la commune vécut en paix plusieurs siècles sous la domination  de la Maison de Savoie, avant de passer sous le joug, plus dur, du Haut-Valais.Pendant tout ce temps la vallée, très pauvre, avait beaucoup de peine à nourrir son monde, aussi devait-elle exporter la seule valeur qu’elle possédait, c’est à dire le courage de ses habitants. C’est pourquoi durant des siècles, les jeunes s’enrôlèrent au service des puissances étrangères.

Troistorrents participa à la révolte du Bas –Valais déclenchée par le Gros-Bellet contre le pouvoir du Haut-Valais. Ainsi depuis 1815 il est égal en droits, depuis que le Valais fait officiellement partie de la confédération.

Vers la fin du siècle dernier, un grand nombre de familles poussées par la pauvreté, émigrèrent vers le Nouveau Monde. Actuellement, au contraire, la commune vit une époque prospère.

Au point de vue racial, la population a été constituée par les couches successives des Ligures, des Celtes, des Romains, des Burgondes et des Sarrasins. Des Celtes, les habitants de Troistorrents et de la Vallée en général ont hérité leur gaieté naturelle et leur goût pour la musique, le chant et la danse.

Des Romains, la langue ; le patois local est essentiellement latine avec quelques réminiscences celtiques, ainsi que le folklore.

Des Burgondes, les bourgeoisies.

Des Sarrasins, on retrouve parfois des traits de physionomie, et peut-être leur sens du commerce !

En conclusion, on peut dire que le mélange de toutes ces races a formé une population forte au caractère bien trempé et à l’esprit d’indépendance très  marqué.

(source: M. Défago)


Histoire de la paroisse de Choëx

Nouvelles armoiries de la paroisse
Le blason est repris des anciennes armoiries de la commune de Choëx avant 1811 (Armorial Valaisan, Zurich, 1946, p.61, 62).

Il est surmonté d'une tiare dorée en l'honneur de saint Sylvestre, patron principal de la paroisse. "De gueules au coeur d'or accosté de deux cornes d'abondance du même feuillées de sinople, accompagné en chef d'une croix de Saint-Maurice d'argent terrassée de sinople et de deux étoiles à 5 rais d'argent".

 

Avant la première mention de la paroisse

Afin de mieux percevoir le contexte historique, nous présentons les diverses périodes précédant l'existence officielle de la paroisse, en y insérant des faits propres à Choëx.

Habitants de la région

- Les hommes de l'âge du bronze (2300 à 800 av. J.-C.).
Une belle pièce de cette époque provient de Choëx. Il s'agit d'un poignard à deux rivets et nervure médiane (Musée National Suisse, Zurich) (1).

- Les Nantuates (peuple celte) avant l'arrivée des Romains.

- Les Romains de 27 av. JC jusqu'au Vème siècle.
De cette période, on a trouvé à Mareindeux les restes d'une grande villa dont la partie résidentielle a été partiellement explorée (2), ainsi qu'une voie romaine de Massongex à Vionnaz passant par Mareindeux. Récemment, une autre découverte des restes d'une villa romaine a été faite lors d'une construction dans le même quartier.

- Les Burgondes avec le 1er royaume de Bourgogne, de 443 à 534.
En 515, un de leurs princes, le futur saint Sigismond, fonde l'Abbaye d'Agaune, érigée sur le lieu du martyre de la légion thébaine commandée par saint Maurice, et la dote richement (3).

En 1861, on a découvert également à Mareindeux plusieurs tombes en tuiles romaines "si serrées que leurs couvercles semblaient former un dallage continu" (4) pouvant suggérer l'existence d'un bâtiment funéraire du Haut Moyen Âge.

- Les Francs de 534 à 888.
En 814, notre pays passe aux mains de Louis le Débonnaire, fils et successeur de Charlemagne.
- Le deuxième royaume de Bourgogne de 888 à 1032, période durant laquelle se forme le petit pays de la Tête du Lac (du latin Caput Laci), désigné sous le nom de Chablais (3).
En 1032, le royaume de Bourgogne passe par héritage à Conrad II le Salique, empereur romain-germanique, lequel, en 1034, confie le Chablais entre autre à Humbert aux Blanches Mains, fondateur de la Maison de Savoie. Celle-ci contrôle la région du Chablais de 1034 à 1536 (3).

Saint Sylvestre Ier, saint patron de la paroisse

L'église de Choëx est la seule église du Valais dédiée à saint Sylvestre Ier, très vénéré au Moyen-Age. Une mention formelle du titulaire St-Sylvestre se trouve pour la première fois dans un document de l'Abbaye de St-Maurice datant de 1562 (5). Dans la cathédrale de Sion, un autel datant de 1330 est dédié également à St-Sylvestre (6). La fête patronale tombant le 31 décembre, on la célèbre maintenant le jour de la dédicace de l'église, soit le deuxième dimanche d'octobre. De plus, St-Pierre-aux-Liens devient co-titulaire dès 1637.

Converti lors d'une marche sur Rome, l'empereur Constantin promulgue en 313 l'édit de Milan qui "donne aux chrétiens de l'empire l'absolue liberté de suivre leur religion". Cet édit met un terme aux persécutions qui ont duré plus de deux siècles et offre enfin à l'Eglise un temps de paix. Prêtre très estimé par les chrétiens de Rome, Sylvestre (prénom venant du latin silva: forêt) est élu pour succéder au pape Miltiade en 314. Un pontificat de 21 ans (314-335), le plus long du premier millénaire avec celui de St Léon le Grand, lui permet de voir l'Eglise prendre son essor dans une allégresse dont un contemporain, Eusèbe de Césarée, s'est fait l'écho : "Fêtes de dédicaces dans chaque ville, consécrations d'église récemment construites, assemblées d'évêques à cette fin, foules de fidèles venus de loin, et de partout, sentiments d'amitié des peuples pour les peuples, union des membres du Corps du Christ en une seule harmonie d'hommes assemblés".

Il règle l'épanouissement d'une liturgie sortie de la clandestinité. Il voit construire la basilique du Latran, consacrée en 324, et celle de St-Pierre et St-Paul. Soucieux du salut de tous, il met son ardeur à faire connaître l'Amour miséricordieux du Christ et la force de la parole divine.

En 325, Constantin convoque un concile à Nicée pour trouver une réponse à la thèse répandue par Arius, prêtre d'Alexandrie, qui nie la divinité du Christ; le pape Sylvestre envoie un légat pour présider l'assemblée. C'est au terme de ce concile qu'est proclamée officiellement la divinité de Jésus de Nazareth, et qu'est expressément condamnée l'hérésie d'Arius.

Décédé en 335, Sylvestre est enseveli au cimetière de Priscille où on le vénère dès le Vème siècle. Appelé par le Christ pour "affermir ses frères dans la foi", St Sylvestre a pleinement accompli sa mission de pasteur.

Viens secourir ton peuple, Seigneur,
A la prière du pape Saint Sylvestre,
Soutiens-le, conduis-le au long de cette vie qui passe
Pour qu'il arrive un jour à la vie qui ne finit pas.
Par Jésus-Christ, Notre Seigneur.
Amen.

Première mention connue de la paroisse en 1178

Il est probable qu'une chapelle, voire une église paroissiale existait déjà à Choëx au cours du Xème siècle ou vers 1100, du fait du vocable de saint-Sylvestre, dont le culte est en expansion dans le nord de l'Italie à l'époque carolingienne (7).

Durant la période de souveraineté du comte Humbert III " le Bienheureux " (1148-1189) (3), fils d'Amédée III, eut lieu la deuxième croisade, de 1147 à 1149, qui fut prêchée par saint Bernard de Clairvaux.
C'est sous le même Humbert III qu'un document officiel, une bulle du pape Alexandre III en 1178, confirme la paroisse de Choëx dans les possessions de l'Abbaye de St-Maurice (5).
Le pape Célestin III, dans une bulle de 1196, confirme également les possessions antérieures de l'Abbaye (5) (une bulle est un décret du pape scellé de plomb).

Après cette première mention de la paroisse, dans laquelle Choëx s'écrit " Choix ", l'orthographe du nom a beaucoup varié : Choëz en 1178, Choyz en 1233, Choex en 1272, Choueyx en 1308, Chueys en 1316, Chuey vers 1350, Chuez en 1364, Chuex en 1428, Chouex au XIXème siècle (8).

Dans le recueil de l'Abbaye cité en note, le rassemblement des documents concernant la paroisse est nommé " Parochia Choasii " (en latin, l'endroit étant appelé Choasium). Le territoire de la paroisse n'a pas varié depuis la fin du XIIème siècle. Il correspond au coteau de la partie méridionale de l'actuelle commune de Monthey (2).

Aymon de Savoie et Choëx

Alors qu'en France voisine, Louis IX (saint Louis) se marie avec Marguerite de Navarre en 1234, un seigneur, membre de la maison de Savoie va faire connaître le nom de Choëx:

Aymon de Savoie. Le fils d'Humbert III " le Bienheureux ", Thomas Ier (1189-1233) eut plusieurs enfants, dont notamment le comte Amédée IV (1233-1253) et Aymon, apanagiste* du Chablais et du Bas-Valais (3).
(*Apanage: dérivé de l'ancien français apaner, donner du pain. Portion de domaine que les souverains donnaient à leur fils cadet ou à leur frère et qui, en général, devait revenir à la couronne après leur mort.)

Il semble qu'Aymon fut un grand bâtisseur. Il construisit le château de Montorge à Sion, après 1227, lequel se trouvait sur le territoire de l'évêque Landri qui n'apprécia pas. Après quelques hostilités, le 18 mai 1233, sur les bords de la Morge, un traité réunit les adversaires. Aymon s'engagea à démolir le château (10). Le 23 juillet 1234, Aymon établit avec son frère Amédée IV un traité de partage des biens paternels, lui attribuant entre autres Choëx (11). C'est à cette occasion qu'il devint apanagiste du Chablais et du Bas-Valais. Il participa de même à l'agrandissement du château de Chillon entre 1234 et 1237. Etant venu sur les bords du Léman pour rétablir sa santé, " demeura plusieurs jours au dict chastel de Chillon, et de ce lieu pouvoit bonnement veoir passer les pèlerins, lesquels alloient de France à Rome, et leur donnoit très volontiers à boire et à manger et leur donnoit argent pour avoir nécessité en chemin, et pour ce qu'il n'y avoit lieu convenable iceux loger et héberger, il fist fayre devant la porte de Villeneuve une belle chapelle, laquelle il édifia en l'honneur de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie, et jouxte ce lieu, fist aussi faire un hospital (en 1236) pour charitablement recueillir et restaurer les pèlerins qui passoient par la, et pareillement mist chapelains séculiers pour servir Dieu, et serviteurs convenables pour servir et penser les pauvres " (12).

Voici ce qu'on lit dans Rameau: " L'entrée si pittoresque du Val d'Illiez eut jadis la fortune de plaire aux comtes de Savoie. Le village de Choëx, situé en face sur des pentes verdoyantes, vit un jour le comte Aymon, atteint de la lèpre se bâtir une retraite, il y resta quelque temps, il y mourut " (13).

Selon une supplique adressée par l'Abbaye de St-Maurice au Duc de Savoie en 1488, Aymon, en séjour durant sa maladie dans la région salubre de Choëx, aurait fait construire l'église et l'aurait offerte à l'Abbaye (6). La paroisse de Choëx dépendait de l'Abbaye de St-Maurice pour le spirituel ainsi que pour le temporel et devait donc posséder une église puisque celle-ci est mentionnée déjà en 1178 dans la bulle du pape Alexandre III (ecclesiam de Choix). Il s'agirait donc d'une reconstruction. Son emplacement, qui paraît maintenant à l'écart, était judicieusement choisi au bord de la route romaine, passage principal de la région à cette époque.

Lors de la restauration de l'église, en 1971, on a trouvé à la base du choeur, en face du clocher, quelques assises de maçonnerie médiévale avec joints au fer qui demeurent difficiles à interpréter. Si des fouilles étaient entreprises dans le choeur de l'église on en saurait peut-être plus...

Le 1er juillet 1237, Aymon fait encore une donation à l'Abbaye de St-Maurice, mais il est annoncé comme décédé le 30 août de la même année (6).

De la grande peste de 1349 à la contreréforme (1620 environ)

Cette terrible épidémie s'abattit sur une bonne partie de l'Europe à cette époque. Dans notre région, très touchée, de nombreuses furent décimées et Choëx ne s'en remit jamais complètement. Monthey perdit 85 feux, Troistorrents 141, Choëx et Outre-Vièze 95. Un feu comprenait un chef de famille, sa femme, ses enfants, éventuellement ses domestiques, valets, apprentis et proches parents (14).

La montagne a beaucoup plus souffert que la plaine et comme la peste revint plusieurs fois au cours des siècles suivants, jusqu'après 1600, ainsi d'ailleurs que d'autres épidémies et des incendies, la population de Choëx n'a jamais pu retrouver son niveau d'antan, jusqu'à notre époque.

Cette peste de 1349 a été appelée " extra-mors ", d'où est venu le dicton :
En mil trois cent quarante-neuf
de cent ne restait que neuf (15).

La population, effrayée par l'ampleur du fléau, organisa des processions, prières publiques et autres cérémonies pour implorer la miséricorde divine.
Il semble qu'à cette époque, la partie occidentale de Choëx, très touchée par le fléau, fut abandonnée au profit de la partie orientale, soit les Épenis et la Condémine.

La communauté de Choëx est citée dès 1556 (5) mais existe déjà au XVème siècle; une sentence de la Diète, en 1620, rattache les gens de Choëx au gouvernement de Monthey au point de vue civil mais les maintient au point de vue militaire dans la bannière de St-Maurice (8).

La paroisse et l'église au XVIIème siècle et au début du XVIIIème

A cette époque, les habitants de Choëx étaient soumis régulièrement, en été, à des orages violents et destructeurs pour les récoltes, les vergers et la fenaison. C'est pourquoi ils demandèrent à l'abbé de St-Maurice l'attribution d'un second patron à la paroisse: Saint-Pierre-aux-Liens (sanctus Petrus ad Vincula) dont la fête, avant Vatican II, avait lieu le 1er août et qui était invoqué spécialement contre toutes sortes de maux.

L'Eglise vénère, dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens, à Rome, les chaînes que porta le prince des apôtres dans sa prison romaine. La date du 1er août fut choisie pour substituer à la fête païenne que l'on célébrait dans la capitale romaine en l'honneur de l'empereur Auguste, une solennité en l'honneur de l'Apôtre, évêque de Rome et chef de l'Eglise. Les chaînes de S. Pierre se composent de deux morceaux, dont l'un a onze chaînons allongés, destinés à attacher les mains, et l'autre vingt-trois, au dernier desquels sont fixés deux demi-cercles pour enserrer le cou. Les papes avaient coutume d'envoyer, comme un riche présent, quelques parcelles de la limaille de ces chaînes dans une clef d'or, symbolisant le pouvoir des clefs par lequel Pierre délie les péchés. On en mettait aussi dans des anneaux ou des croix pour préserver des dangers (16).

En 1637, un décret de l'abbé Georges Quartéry institue comme second patron de la paroisse, Saint-Pierre-aux-Liens afin d'écarter, par la prière et les supplications, les ravages de la nature à cette saison. En plus, l'abbé demanda une quête spéciale ce jour-là (le 1er août) afin de secourir les pauvres (5).

Prière à saint Pierre aux Liens :

O Dieu, qui brisant les liens du bienheureux Apôtre Pierre, l'avez renvoyé sain et sauf : délivrez-nous des liens de nos péchés et daignez chasser loin de nous tous les maux. Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

A la fin du XVIIème siècle, débuta une restauration importante de l'église de Choëx, qui dura jusqu'en 1706, donnant ainsi à cette église son aspect actuel. En 1698, une porte fut percée à la base du clocher, donnant dans le choeur de l'église. La porte principale, alors située sur le côté montagne, fut murée et une nouvelle porte fut percée au fond de l'église (1706). La voûte actuelle date sans doute de cette époque ainsi que les peintures murales, redécouvertes lors de la restauration de 1971. Il est fait mention, dans le procès-verbal (ou acte) de la visite de 1827, reproduit partiellement au chap. VIII, de la bénédiction de l'église par l'Abbé Claret en 1738 (17).

Fin de l'Ancien Régime et tourmente révolutionnaire (1739 - 1811)

A cette période, beaucoup de documents paroissiaux mentionnent des " confréries ". Une confrérie était une association pieuse, composée de laïcs, ayant pour but entre autres de secourir les pauvres et les indigents. Des messes étaient célébrées régulièrement pour les défunts de ces confréries. Il s'agissait en fait de la vie sociale de l'époque.

En 1739, lors d'une visite de l'abbé de St-Maurice, il est fait mention d'une confrérie du Saint-Sacrement, d'une confrérie de Saint-Pierre-aux-Liens et également d'une confrérie du Saint-Esprit (17), laquelle existait déjà au XIIIème siècle à St-Maurice, par exemple.

En 1743, une bulle du pape Benoît XIV confirme l'existence d'une confrérie du Saint-Sacrement (déjà attestée en 1674) et d'une autre du Saint-Rosaire. Les deux auront le même autel, sur lequel on célébrera les messes des confrères défunts un jour de la semaine par un prêtre séculier ou régulier. L'abbé de St-Maurice désigne ensuite dans ce document le vendredi pour s'acquitter de ces messes (5).

Dans un acte de visite de 1809, il est encore fait mention des trois mêmes confréries, "à savoir la vénérable confrérie du Saint-Sacrement, celle de St-Pierre-aux-Liens et celle du Saint-Esprit. La première a un procureur que l'on nomme "prieur" mais les deux autres sont administrées par le procureur d'église. Ces deux fonctionnaires servent trois ans à l'expiration desquels ils sont remplacés par d'autres soumis à l'acceptation du curé qui les assermente" (17). Ces confréries possédaient en effet des biens sous forme de terres et de numéraires.

En 1749, le chanoine Gaspard Bernard de Kalbermatten fit élever la cure actuelle sur l'emplacement de l'ancienne. On suppose que c'est à cette époque que le cimetière, qui entourait l'église, fut transféré à son emplacement actuel (18).

La révolution de 1798 a mis fin au pouvoir temporel des abbés. La seigneurie de Choëx demeura quelque temps commune distincte de Monthey mais avec le régime français du département du Simplon, qui accentuait la tendance de 1798 à regrouper les petites communautés, le coteau fut réuni à Monthey en 1811. (1)

La paroisse après 1811

Il nous a paru intéressant de citer, dans l'orthographe originale, de larges extraits de la visite effectuée en mai 1827 par l'Abbé de St-Maurice dans la paroisse de Choëx.

"Acte de la visite de l'église paroissiale de Choëx :

Notoire soit à qui il appartiendra que son Illustrissime Révérence Monsieur le Comte François de Rivaz, par la grâce de Dieu et du S. Siège apostolique, Abbé de la Royale Abbaye de S. Maurice d'Agaune, dépendante du S. Siège, Seigneur au spirituel, et autrefois pour le temporel des paroisses de Salvan, Finhauts et Choëx etc... Chevalier grand-Croix de l'Ordre militaire et religieux des S.S. Maurice et Lazare.
Voulant conformément aux rites prescrits par les S. Canons et les Décrets du S. Concile de Trente, visiter les Eglises qui lui sont soumises serait parti de l'Abbatiale le six mai mil huit-cent vingt-sept, pour se rendre, en qualité d'Ordinaire de sa Paroisse de Choëx, accompagné des Révérends Claude Revat, et Etienne-Barthélémi Bagnoux Chanoines de l'abbaye, ainsique du Notaire Joseph Hyacinthe Barman de St. Maurice, Docteur en Droit Civil et Canonique son secrétaire.
Le Révérendissime Abbé étant arrivé sur une Place près l'Eglise de Choëx où l'attendaient le Rév. Curé du Lieu, les membres de la Fabrique et une affluence de peuple considérable s'est revêtu de ses habits pontificaux, a adoré et embrassé la Croix devant l'Oratoire qui y était élevé. Il s'est ensuite rendu sous le Dais au son des cloches et au chant des Révérends Ecclésiastiques jusqu'à la Porte de l'Eglise où il a été harangué par le Révérend Curé. Etant entré dans l'Eglise, il a adoré le Très Saint Sacrement au Pied du grand-autel, et a donné au peuple solennellement sa Bénédiction, après le chant des himnes d'usage. Il a fait ensuite à la manière des Pontifes, la Procession des Morts sur le Cimetière, après laquelle Monsieur le Chanoine Revat a fait entendre un Sermon approprié à la Circonstance, qui fut suivi de la Grand'Messe, chantée par Monsieur le Chanoine Bagnoux. La Messe ditte sa révérence a de nouveau donné à tous les assistants sa bénédiction pontificale, et après avoir quitté la Chappe, la Crosse et la Mître, il a opéré la Visite de l'Eglise, ainsiqu'il sera ci-après ténorisé.
Etant entré au Presbytère le Révérendissime Abbé a reçu avec beaucoup d'acceuil, une Députation du Conseil de la Bourgeoisie de Monthey, conduite par son Président, qui, dans une harangue élégamment rédigée, a exprimé tous les Sentiments de reconnaissance et de respect dont ce Conseil était pénétré envers son Illustre Révérence, et la Maison quelle préside si dignement, en déclarant que le Conseil de Monthey n'avait pas à devoir s'immiscer dans les Affaires concernant l'Eglise et le Bénéfice de Choëx dont il laissait la Direction au Conseil de Fabrique du lieu en qui il avait une confiance entière.

Des Stes huiles et des Fonds Baptismaux
Les Stes huiles sont renfermées dans une petite armoire qui se trouve dans les Fonds Baptismaux, on les reçoit de l'Abbaye et doivent se renouveller châque année.
Les Fonds Baptismaux, placés au bas de l'Eglise du côté de l'Evangile sont pourvus du nécessaire. Les Parrains et Marraines vont à l'Offrande après le Baptême et l'accouchée offre un Pain et fait dire une Messe le jour qu'elle reçoit la Bénédiction.

De l'Eglise
L'Eglise est bâtie avec gout et solidité. Elle a été bénie par le Révérendissime Abbé Claret, de pieuse mémoire, à sa visite de 1738.
Le clocher est aussi très bien construit, mais il est urgent de prendre de nouveaux moyens plus efficaces pour extirper entièrement les Plantes qui, croissant constamment au dessus de la Corniche, peuvent porter atteinte à sa solidité.
Conformément à l'Ordonnance du Révérendissime Abbé Pierraz, consignée dans sa visite du 17 juillet 1809, trois cloches ont été fondues l'année suivante.

Du révérend Curé
Le Révérend Curé de la Paroisse de Choëx, soumis à la nomination et à l'institution du Révérendissime Abbé, est actuellement Monsieur Michel Aloys Advocat, Chevalier des S.S. Maurice et Lazare, Chanoine à la R. Abbaye de St. Maurice, né en 1755, le quel soigne depuis 1810 avec douceur et charité le Salut des âmes qui lui sont confiées, améliore par d'utiles réparations les Biens du bénéfice et ne craint aucun Sacrifice pour l'intérêt de la Paroisse. Il tient à la Cure les Registres de Baptêmes, de Mariages et de Décès. Sa Paroisse est composée de trente-cinq feux.
Le Révérend Curé est tenu de célébrer et d'offrir la Messe pour le Peuple, tous les jours de Dimanches et Fêtes de Préceptes conformément aux SS. Canons, et aux Décrets du Concile de Trente; il est aussi obligé de donner une Instruction au Peuple châque Dimanche, ou d'y faire le Catéchisme, d'y annoncer les Fêtes et Vigiles de la Semaine, d'interroger sur le Catéchisme les Parrains et Marraines ainsique ceux qui veulent se marier, de visiter au moins une fois dans l'année, ses Paroissiens pour s'assurer s'ils vivent en Paix et en bons Chrétiens et de tenir un Etat des Ames, d'informer toutes les années le Rme Abbé de l'accomplissement de ces obligations et de l'Etat des âmes confiées à ses soins. Finalement le Révérend Curé doit payer annuellement vingt sols maurisois à la Royale Abbaye, à Titre de Personnat.

Des Ecoles
La Paroisse a un régent aux frais de la Bourgeoisie de Monthey: il doit tenir la classe deux fois dans le jour, depuis la Fête de tous les Saints, jusques à Pâques. Tous les pères et mères sont spécialement engagés à y envoyer soigneusement leurs enfants et à ne pas perdre cette occasion de leur procurer quelqu'instruction.

Du marguiller
En exécution d'une ancienne Convention, le Rd Curé a la charge de faire sonner tous les Samedis soir, les jours de Fêtes et Dimanches et lorsqu'une tempête est imminente.
Quant aux autrejours, la Paroisse doit solder un Marguiller sauf qu'elle prenne des arrangements à cet égard avec le Rd Curé.

Du luminaire
La Fabrique de l'Eglise doit fournir l'huile pour tenir constamment la lampe allumée devant le St. Sacrement, mais celle qui est placée devant l'Autel du S. Rosaire doit être éclairée aux frais de Monsieur le Curé durant les nuits de châque Samedi et celles qui précèdent les fêtes de Notre Dame d'après la teneur du décret rendu en 1407, par le Rme abbé Guerratty.

Décrets de la présente Visite

1ƒ Les aumones seront distribuées sans partialité, aussi bien aux habitants qu'aux bourgeois, d'après leur Etat d'indigence afin que les intentions des charitables Fondateurs soient exactement remplies.
2ƒ Les 160 Ecus provenant de la Vente de cinq Parcelles de Terre appartenantes à la Fabrique de l'Eglise qui ont été employés à la Construction des Cloches seront aussitôt que faire se pourra reversés dans la Bourse de la Fabrique.
3ƒ Il est ordonné de faire redorer le S. Ciboire ainsiqu'un des trois calices, d'élever d'un demi-pied le Grand Autel et le Tabernacle.
4ƒ De prendre de nouveaux moyens plus efficaces pour détruire complètement les plantes qui croissent au Sommet du Clocher, de continuer à recouvrir l'Eglise, rétablir le Clédard du Cimetière, et aussitôt que les Revenus le permettront, réparer les murs dégradés qui l'entourent.
5ƒ Il est aussi enjoint de changer le fourneau du Réfectoire, de placer une poutre de Soutennement à la Cave, de refaire l'Aire de la grange, de consolider et recrépir l'Escalier de derrière qui mendie ruine, de mieux clÙre et de couvrir l'Ecurie pour les Porcs, et de maintenir l'eau à la Fontaine.
Les cas réservés au Siège Abbatial sont les mêmes que ceux du Diocèse de Sion.
De tout quoi le Rme ordinaire a ordonné qu'il soit dressé Acte, publié au plutôt un jour de Fête ou de Dimanche, devant l'Eglise de Choëx, ce qui sera publié par le Rd Curé le Dimanche auparavant, afin que personne ne puisse prétexter cause d'ignorance.
Fait à la Cure de Choëx, en présence du R. Curé, du Procureur d'Eglise, du Prieur de la Vénérable Confrèrie du St. Sacrement, et du Conseil de Fabrique composé de Messieurs Jean Raboud Conseiller de la Bourgeoisie de Monthey, Jean Donnet ancien châtelain de Choëx, et Louis Raboud, l'an mil huit cent vingt-sept et le sept du Mois de Mai, dont il sera expédié un Double à châque partie.
En foi de quoi
François de Rivaz Abbé, Joseph Barman Notaire" (17)

Durant l'été 1868, Théophile Gautier (1811-1872), écrivain romantique français, se trouvait à Bex, avant de gagner Zermatt.
Disposant de quelques jours avant son départ, il fit plusieurs excursions dans les environs (1). "Les prétextes de promenade ne manquent pas autour de Bex. On va visiter les salines, la Combaz, la tour de Duin, St-Triphon, l'église de Choëx, la vallée de Frenières, les Diablerets, un bloc erratique, le plus considérable qu'on ait encore trouvé dans les alpes, et qui semble une de ces monstrueuses roches lancées par les Titans contre le ciel et retombée à terre, le Val d'Illiez, Champéry et d'autres endroits qu'il est inutile d'indiquer, car ils ne rentrent pas dans notre itinéraire." (19)

Le vingtième siècle

Nous voici arrivés à la dernière page historique de la paroisse de Choëx, nous amenant au transfert de l'abbaye de St-Maurice au diocèse de Sion. Une anecdote pour illustrer la vie paroissiale vers le milieu de notre XXème siècle: à la sortie de la messe du dimanche, les gens se rendaient à la grande maison blanche au-dessus de l'église, laquelle abritait le café, et là, le crieur public, montant sur le mur, annonçait les actes et décisions officiels ainsi que les condamnations aux amendes de l'époque!

Quelques dates :
En 1910, fondation de la chorale " Echo du Coteau ".
En 1950, la foudre frappa le haut du clocher, lequel s'abattit sur le toit de l'église mais la voûte tint bon!
En 1951, le toit de l'église fut réparé ainsi que la flèche du clocher.
En 1955, restauration de la cure.
En 1971, restauration de l'intérieur de l'église, tel qu'il apparaît aujourd'hui.
Le 19 mars 1993, par décret du Saint-Siège, " la paroisse St-Sylvestre de Choëx - sise sur la Commune municipale de Monthey - est transférée sous la juridiction de l'Evêque de Sion et deviendra ainsi Paroisse diocésaine, à l'instar de la Paroisse de l'Immaculée Conception de Monthey....Une longue page d'histoire se tourne. Il faudra en écrire une nouvelle pour le bien pastoral de tous en votre grande Commune montheysanne." (20)

Notes bibliographiques 

(1) Études Montheysannes, tiré à part des "Annales valaisannes" nƒ1-2, St-Maurice, 1952
(2) François-Olivier Dubuis et Antoine Lugon, Vallesia L (1995)
(3) Henri Michelet, Le Vieux Chablais des origines à 1569, 1974
(4) Dubuis 1939, p. 113" selon Vallesia L (1995), p.33
(5) Recueil de documents transcrits des originaux, aimablement prêté par l'Abbaye de St-Maurice
(6) Eugen Gruber, Die Stiftungsheiligen der Diozese Sitten im Mittelalter, Freiburg/Schweiz, 1932, pp.80-81
(7) Selon une étude de François-Olivier Dubuis et Antoine Lugon, parue dans Vallesia en 1995
(8) Armorial valaisan, Zurich, 1946, pp.61-62
(10) Gremaud, Tome XVIII, p. 420
(11) Gremaud I, Tome XXIX, p. 310
(12) Tiré d'une Notice du chne J. Beck, ancien curé d'Aigle, publiée par Boccard, Notes et documents, t.II, p.255
(13) Abbé Barthélémy Rameau, Le Vallais historique Châteaux et seigneuries, Sion, 1885, p. 14-15
(14) G. Coutaz, La ville de St-Maurice d'Agaune avant la grande peste, dans Vallesia 34, 1979,.p.222
(15) François Boccard, Notes et documents, t.II, p.142
(16) Tiré d'un Missel romain, 1951.
(17) Copie d'un acte de visite fournie par l'Abbaye de St-Maurice
(18) J.E. Tamini et P. Délèze, Nouvel essai de Vallesia christiana, St-Maurice, 1940, p.185
(19) Théophile Gautier, Les vacances du lundi, Paris, Charpentier, 1888, pp.243 et suiv.
(20) Lettre du 14.3.1993 de Mgrs H. Salina et H. Schwéry au curé et au conseil pastoral de Choëx

Source : textes tirés du site de la paroisse catholique de monthey  - 3  rue de l'église -  ch-1870 monthey  

Histoire de Collombey-Muraz

Les armoiries de la Bourgeoisie de Collombey-Muraz sont parlantes. En effet, l'on y voit trois colombes (Collombey) et un mur d'enceinte avec une tour (Muraz). Jusqu'en 1788, le territoire actuel des communes de Monthey, Troistorrents et Collombey-Muraz formait la châtellenie de Monthey. La jouissance des biens bourgeoisiaux s'exerçait en commun. Elle était administrée par un Conseil de 26 membres, soit 12 de Monthey, 7 de Collombey-Muraz et 7 de Troistorrents, et présidée par le Châtelain. Le 8 mars 1551, la décision fut prise de partager la châtellenie et le cas fut traité par la Diète. L'assemblée des sept dizains exigea le partage et l'amertume des Monthesans fut grande. La Bourgeoisie de Collombey-Muraz naissait ainsi par sentence de la Diète du 16 mai 1787.

Le 22.09.1787, le gouverneur Jean-Joseph Jost invite les syndics et conseillers et charge-ayants de Troistorrents, Collombey et Muraz à comparaître par-devant lui le 2 octobre au sujet du partage des biens communaux. Le 15.12.1787 Illarsaz demande à la Diète que l'Etat lui accorde des terres communes comme Muraz et Collombey les ont obtenues aux Esserts et dans les îles. En mai 1788, Illarsaz demande à avoir des îles, des pâturages et forêts séparés de Collombey et Muraz. Le 20.08.1788, partage des biens communs, montagnes et forêts de la châtellenie de Monthey. Choëx déclare vouloir se joindre à Monthey, Outre-Vièze demande la séparation d'avec Monthey, ce qui lui est refusé. Monthey avec Choëx et Outre-Vièze forme les 11,5/40 de la châtellenie, Troistorrents 19/40 et Collombey-Muraz 9,5/40. Le 18-12-1788, Le grand baillif Emmanuel Gasner et les députés des sept dizains accordent au Quartier inférieur de Collombey et Muraz la faculté d'élire et présenter le châtelain local pris parmi les hommes des deux Collombey, pour deux ans, à tour de rôle avec Muraz. Le 12-1-1792, Vu les dépenses militaires et la dévastation de leur jardin, prés et champs par les inondations, les hommes de Collombey et Muraz s'adressent à la Diète pour soulager leur misère en lui demandant non de l'argent, mais la permission de cultiver et de planter pour huit ans une partie des îles où ne poussent que ronces, épines et buissons inutiles. Prière d'accorder à chaque ménage trois fossoriers de terrain. La Diète y donne son accord. Le 16-10-1845, l'évêché fait connaître au curé de Muraz, Ignace Rouiller, que l'ancien desservant de la paroisse de Muraz, feu l'abbé Ignace Donnet, a exprimé dans son testament le désir d'être enterré dans un tombeau, à l'intérieur de l'église. Le 29-11-1847, entrée des troupes fédérales au pont de Collombey. On regarde "la Confédération entrer en Valais" ! Regroupement des troupes cantonales pour être désarmées. A Muraz, il est offert du vin aux militaires : un bon pour 162 pots 3/4 de vin pour le bataillon Gard, fort de 647 hommes, de la brigade de Cocatrix.

Source : extrait de "Collombey-Muraz Une commune, deux paroisses, plusieurs villages et beaucoup de gens", Maurice Parvex, 1988.

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